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Espaces de pouvoir, espaces d'autonomie en Allmagne

CIERA

Coordination scientifique: Hélène Miard-Delacroix (ENS Lyon), Béatrice von Hirschhausen (ENS Lyon), Guillaume Garner (ENS Lyon), Lyon

01.12.2005-03.12.2005, Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines (Lyon)

Espaces de pouvoir, espaces d'autonomie en Allemagne

Alors qu'il s'agit d'un terme clé pour les géographes, « l'espace » a connu dans les sciences historiques et politiques une longue période de quarantaine en Allemagne depuis 1945. Tabou depuis le nazisme, le terme a gardé des relents de revendication nationaliste, en particulier dans l'intérêt récent pour la géopolitique. Il connaît cependant depuis quelques années un retour en grâce dans les sciences humaines et sociales, comme le montrent à la fois le dernier Historikertag à Kiel en septembre 2004 qui en a fait son thème (« Raum und Kommunikation ») et la publication récente de l'ouvrage de Karl Schlögel, Im Raume lesen wir Zeit (2003) qui propose aux sciences historiques de s'engager dans un «spatial turn ».

Un tel regain d'intérêt pour l'espace comme dimension constitutive des phénomènes politiques, économiques et sociaux nous semble porteur d'un renouvellement important des problématiques des SHS, à condition de considérer l'espace, non comme un donné fixe (un contenant) mais comme une dimension des faits sociaux, à la fois construite, vécue, chargée de sens par les acteurs.

Ainsi abordé, l'espace apparaît comme lié à la question du pouvoir, non seulement comme cadre d'exercice d'un pouvoir distinct et autonome, mais aussi comme objet et comme dimension constitutive de ce pouvoir. Les particularités de l'emboîtement et de l'interdépendance des différentes échelles spatiales d'exercice du pouvoir, notamment des échelles nationale et régionale, qui sont le produit de l'histoire allemande, rendent selon nous pertinente une interrogation sur le thème de l'articulation de l'espace territorial et des espaces d'exercice du pouvoir. Cette question n'a d'ailleurs pas seulement une dimension géographique et territoriale, dans la mesure où l'espace de pouvoir est également lié à la marge de maneuvre (« Handlungsraum ») dont disposent, à différentes échelles, les différents pouvoirs. Elle fait écho aux débats de science politique sur la Global governance impliquant uneredéfinition des catégories de territorialité et de souveraineté. Elle invite enfin à poser d'une façon renouvelée le problème de l'« unité » et de la « diversité » allemandes qui ne sont pas des évidences acquises, mais bien des catégories construites méritant d'être interrogées comme telles. À la rencontre d'approches « micro » et « macro », la question de l'espace permet donc une réflexion sur les niveaux de l'exercice du pouvoir. Trois phénomènes majeurs récents donnent une actualité particulière à cette question :

- la réunification et ses conséquences 15 ans après conduisent à s'interroger sur le rapport espace/pouvoir et sur les concurrences entre les différents lieux et niveaux de décisions : expression d'une résistance de l'« Est » contre l'« Ouest »? Affirmation du niveau local ou régional contre des vélléités centralisatrices ?

- les tentatives de réforme du fédéralisme au terme d'évolutions qui méritent d'être interrogées

- la construction européenne qui vient bouleverser l'articulation des échelles traditionnelles d'exercice du pouvoir en ajoutant / substituant une échelle d'exercice du pouvoir aux échelles nationales, régionales et communales établies.

Le colloque du CIERA se propose donc de décliner ces questions selon quatre axes auxquels sera consacrée pour chacun une demi-journée :

1) Les pouvoirs et la pluralité des territoires allemands

2) Les territoires d'identification

3) Est-ouest : les différences en héritage

4) Les niveaux de la pratique démocratique: entre participation locale

et construction européenne

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